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Génèse de la collection
Passionnée de textiles depuis des années, j’avais
pris l’habitude de musarder au Marché St-Pierre
et à Château-Rouge (Paris 18e) à la recherche
de tissus pour réaliser mes vêtements. Puis,
documentaliste de formation, le hasard fit qu’en 1990
mon premier poste me conduisit à l’A.E.D.T.A.
(Association pour l’Étude et la Documentation
des Textiles d’Asie). Je commençai alors à
me sensibiliser aux techniques de tissage, de teinture et
à l’histoire des costumes.
Au début des années 90 je fis plusieurs voyages
au Sénégal d’où je rapportai des
thiub (tissu damassé teint par réserve
ligaturée) et des rabal (tissage en bandes).
Puis … pourquoi la Syrie ?
En 1996 un reportage sur Alep déclencha chez moi une
envie irrésistible de partir pour la Syrie. Après
plusieurs mois, l’odeur du savon d’Alep et sa
couleur verte me hantaient toujours et je commençai
à me documenter sur ce pays. Le catalogue de l’exposition
« Syrie : signes d’étoffes », qui
s’était tenue à la Maison des Cultures
du Monde, retint mon attention. Des imprimés au bloc,
créations contemporaines de Mustafa Fathi, artiste
syrien, y étaient présentés en parallèle
avec les kilims, les patchworks et les appliqués des
bédouins et paysans de son pays. Il avait commencé
à rassembler ces textiles à partir de 1978 avec
Odile Demonfaucon. Grâce à cette dernière
j’obtenais les coordonnées de Mustapha à
Damas et ce numéro magique fut le fil conducteur qui
me transporta des ateliers
de tissage et de teinture traditionnels de Damas à
l’antique Bosra. Là, je rencontrai à la
fois un guide et mari, Mechal Aladawi, avec qui nous partageons
depuis l’amour de ces textiles.
Aujourd’hui notre collection prend forme.
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